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Le karité raffiné se présente sous forme de beurre couleur blanc ivoire et inodore. Le beurre karité pression raffiné est obtenu à partir d’un beurre de karité brut.

Le karité, qui a la plus haute teneur en insaponifiables, est aussi riche en vitamines A (rétinol), E (tocophérol) et en acide linoléique. Ses utilisations dans la pharmacopée africaine sont nombreuses, excellent protecteur, il hydrate sensiblement la peau du visage et du corps lui conférant une parfaite élasticité.

Il est utilisé en continu pendant la grossesse pour éviter les vergetures.

Origine: Afrique de l’ouest
Type de culture: Cueillette
Obtention: 1ère pression à froid
Element de la plante: Noix

Utilisation:

Cosmétique

Propriétés:

Il est important de mettre en avant sa méthode d’obtention, la pression mécanique des amandes permet l’obtention d’un beurre gardant tous ses principes actifs.
Le beurre de karité brut pression est constitué de plusieurs fractions dont celles des insaponifiables. Cette fraction insaponifiable contient des esters résineux tels que les esters cinnamiques qui ont des vertus cicatrisantes et désinfectantes et du Karitène qui absorbe très fortement dans l’U.V. Cela confère au beurre de Karité ses propriétés complémentaires aux filtres U.V utilisés dans les produits solaires.
La partie hydrocarbonée de l’insaponifiable possède aussi de la Vitamine A qui agit au niveau de la peau contre le dessèchement mais également contre les cheveux secs et cassants. Le Beurre de Karité est donc particulièrement bien adapté pour être introduit dans des produits solaires qui non seulement auront une protection U.V. accrue mais également augmenteront l’hydratation de la peau.

Composition:

Acide palmitique C16:0 (1.8%)
Acide stéarique C18:0 (41.9%)
Acide oléique C18:1 (47.7%)
Acide linoléique C18:2 w-6 (7.2%)
Acide alpha-linolénique C18:3 w-3 (0.1%)
Acide arachidique C20:0 (1.1%)
Acide gadoléique C20:1 (0.2%)

Principes:

Acide linoléique C18:2 w-6
Proprietes: C’est un des deux acides gras essentiels précurseurs ayant un rôle structurel dans les membranes des cellules et de nombreux rôles fonctionnels. Un acide gras essentiel est un acide gras que l’organisme ne peut synthétiser par lui-même, ou en quantité insuffisante. Il doit donc alors être apporté par l’alimentation.

L’acide linoléique (AL) , désigné longtemps ous le nom de vitamine F, est le précurseur de la famille des oméga-6. Sous l’action d’enzymes, l’acide linoléique est transformé en acide gamma-linolénique (AGL), que l’on peut trouver directement dans l’alimentation : huiles de bourrache, d’onagre, de graines de cassis, mais aussi dans le lait maternel.

Un acide gras est essentiel lorsqu’il n’est pas fabriqué par le corps. Les carences en acides gras peuvent entraîner de nombreux troubles. Les nutritionnistes appellent acides gras indispensables, les acides gras que le corps est incapable de synthétiser lui-même. Ces acides gras doivent donc être apportés obligatoirement par l’alimentation.

Acide alpha-linolénique C18:3 w-3
Proprietes: C’est un des deux acides gras essentiels précurseurs ayant un rôle structurel dans les membranes des cellules et de nombreux rôles fonctionnels. Un acide gras essentiel est un acide gras que l’organisme ne peut synthétiser par lui-même, ou en quantité insuffisante. Il doit donc alors être apporté par l’alimentation.

Des études montrent que l’enrichissement en acides gras oméga-3 peut conduire à une diminution de la pression artérielle chez les sujets hypertendus et à une diminution de la triglycéridémie chez les sujets hypertriglycéridémiques.

L’acide alpha-linolénique (ALA) est le précurseur de la famille des oméga-3.
Grâce à des enzymes, l’acide linolénique va être transformé en acide eicosapentaénoïque (EPA), lui même précurseur de deux groupes de molécules :
– les eicosanoïdes (p.ex. les prostaglandines) de série 3
– l’acide docosahexanoïque (DHA).

Les eicosanoïdes jouent un rôle anti-inflammatoire et anti-allergique. Ils assurent la protection des artères et du cœur. L’acide docosahexanoïque assure l’intégrité des fonctions cérébrales, joue un rôle dans la formation des spermatozoïdes ainsi que dans le développement du cerveau et de la rétine. On peut le trouver directement dans l’alimentation (poissons gras tels le saumon, le thon blanc, la sardine, etc.)

Beurre de Karité biologique pour le soin de la peau

Beurre de Karité biologique pour le soin de la peau

FABRICATION:

Le beurre de Karité pression raffiné est obtenu par raffinage du beurre brut, qui est neutralisé, décoloré et désodorisé.

Le beurre de karité brut utilisé est obtenu par écrasement manuel ou par pression mécanique. Ces deux méthodes de fabrication ont en commun les quatre étapes essentielles qui chacune sont réalisées différemment selon le procédé:

Récolte des fruits : Les fruits sont ramassés de façon sélective selon leur degré de maturité et leur bon état.
Dépulpage : Cela consiste à éliminer la pulpe qui entoure le noyau contenant l’amande.
Traitement à la chaleur : Une élévation volontaire de la température à différentes étapes du procédé, surtout pour l’écrasement manuelle, pour stabiliser les amandes, empêcher leur rancissement et limiter l’attaque des micro-organismes.
Décorticage/Broyage: Les amandes sont débarrassées de leurs coques et écrasées. Un traitement à chaud permet de faciliter l’extraction de la matière grasse qui est alors fluide. Son environnement vitaminique est entièrement conservé qu’avec d’autre mode d’extraction. Il est important de mettre en avant sa méthode d’obtention par pression compte tenu des nombreux beurres solvants qui sont sur le marché.

BOTANIQUE:

Le karité ne pousse que dans le climat sahélien avec une pluviométrie allant jusqu’à 1000 mm et deux saisons bien distinctes avec une longue période sèche. Les sols de latérite doivent être bien drainés.
Il n’existe qu’en Afrique et la zone s’étend de la frontière sénégalo-guinéenne pour s’enfoncer vers l’Afrique Centrale à travers le Mali, le Nord de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Nord de Ghana, du Togo et du Bénin puis le Nigéria

Cet arbre de 10 à 15 m présente un système radiculaire fortement pivotant permettant des cultures associées.

Le fruit est charnu et ressemble à un petit avocat avec une pulpe sucré et comestible. Il renferme le plus souvent une graine entourée d’une coque mince.Il mûrit en cinq mois.

La production moyenne est de 15 à 20 kg de fruit frais par arbre, soit 3 à 4 kg d’amandes sèches commercialisées. La noix contient environ 50% de matière grasse.

L’espèce est sur la liste des espèces menacées de l’IUCN principalement en raison des feux de brousse d’origine humaine.

CULTURE:

L’arbre pousse à l’état spontané en savane arboré. La noix de karité est un produit typique de cueillette avec les gomme, les noix de cajou et les noix de pentadesma. La densité est importante dans les zones cultivées à l’abri des feux de brousse.
L’entrée en production au bout de vingt ans a découragé toutes velléités de plantation d’autant plus que la capacité germinative des noix n’est pas bonne.
La floraison a lieu en saison sèche et dure deux mois.
La cueillette a lieu entre mi-juin et mi-septembre pendant la saison humide (période des tornades).
C’est à ce moment-là que les fruits sont mûrs et qu’ils tombent naturellement au sol. Il est très important de récolter seulement les fruits tombés et non ceux encore présents sur l’arbre. En effet, ces derniers n’ont pas encore atteint leur plein niveau de maturité, et contiennent donc moins d’huile.

Tous les jours, les femmes et les enfants vont ramasser les fruits aux pieds des arbres dans la savane. Le transport de la récolte se fait à l’aide de grands paniers ou de calebasses placés sur la tête. Les arbres les plus proches des villages sont les premiers à être visités puis il faut parcourir de grandes distances dans la brousse pour atteindre d’autres arbres.
Si l’année est bonne, chaque personne peut facilement rapporter une quarantaine de kilos de fruits par jour. Cependant, plusieurs centaines de kilos de fruits sont nécessaires car 100 kg d’amandes séchées donnent seulement 20 kg de beurre.

Enfin, lors de cette cueillette, de nombreuses précautions doivent être prises. Tout d’abord, la récolte doit être menée rapidement. En effet, si les fruits sont laissés trop longtemps au sol, la germination commence : cela réduit la contenance en huile des amandes et augmente leur acidité.
De plus, il faut manipuler les fruits avec précaution car les fruits écrasés ont tendance à moisir. Ils demeurent en bonne condition s’ils ne sont pas laissés trop longtemps sur le sol en dessous des arbres.

Une fois la récolte terminée, la préparation doit intervenir immédiatement. S’il n’en est pas ainsi, en raison des humidifications et des séchages successifs en période de pluie, les amandes moisissent rapidement.

HISTOIRE:

“L’apport de M. Mungo PARK, grand explorateur, à l’introduction du karité en Occident.
Le nom scientifique a été donné à ce beurre en l’honneur de ce grand voyageur, qui le premier remonta le fleuve Gambie vers la fin du XVème siècle.

Extraits du livre “”VOYAGE DANS L’INTERIEUR DE L’AFRIQUE de M. Mungo PARK, Edinburgh 1797.

… Indépendamment des esclaves et des marchandises qu’ils portent pour les blancs, les marchands amènent sur la côte de Gambie du fer natif, des gommes odorantes et du shétoulou, ce qui signifie littéralement “”beurre d’arbre”” ou beurre végétal. Ce beurre est extrait d’une espèce de noix, par le moyen de l’eau bouillante, ainsi que je l’expliquerai par la suite. Il ressemble au beurre ordinaire et en a la consistance… Les populations locales en font une grande consommation et par conséquent il est toujours très recherché…

…Les habitants étaient toujours occupés à recueillir les fruits de l’arbre “”shea”” Cet arbre croît abondamment dans toute cette partie du Bambara. Il n’est pas planté par les habitants, mais on le trouve croissant naturellement dans les bois. Lorsqu’on défriche les forêts pour cultiver la terre, on coupe tous les arbres, excepté les “”sheas””

Cet arbre ressemble beaucoup au chêne américain, et le fruit, avec le noyau duquel, séché au soleil et bouilli dans l’eau, on prépare le beurre végétal, ressemble un peu à l’olive d’Espagne. Le noyau est enveloppé d’une pulpe douce, que recouvre une mince écorce verte.

Le beurre qui en provient, outre l’avantage qu’il a de se conserver toute l’année sans sel, est plus blanc, plus ferme à mon goût, qu’aucun lait de vache que j’aie jamais mangé. La récolte et la préparation de cette précieuse denrée semble faire un des premiers objets de l’industrie africaine, tant dans le royaume des Bambaras, que dans les pays environnants. C’est un des principaux articles du commerce intérieur de ces contrées.

… Peu de temps après le “”douty”” m’envoya chercher et me permit de coucher dans un grand ballon, en un coin duquel était un four destiné à faire sécher des fruits de “”shea’ Il contenait environ un demi-charreté de ce fruit sous lequel était un feu de bois clair. On me dit qu’au bout de trois jours, le fruit serait en état d’être pilé et bouilli, et que le beurre préparé de cette manière était préférable à celui qu’on faisait avec le fruit séché au soleil…

Le premier voyageur à avoir décrit et écrit sur le karité :
IBN BATOUTA – Voyage – Inde, Extreme-Orient, Espagne et Soudan

Le Sultan de Marruecos, ambassadeur, historien et grand voyageur fût chargé d’une mission par la reine Noire du Mali

Il entreprit son voyage en 1352 et il est l’unique témoin pour nous laisser un écrit antérieur aux explorateurs européens.

Les autres géographes arabes l’ont seulement décrit à partir des informations recopiées comme l’a certainement fait Al-Umari jusqu’en 1348 ( *).

Les écrits de Ibn Batouta sont alors très importants sur le plan historique et sociologique.

Il décrit avec beaucoup de détails sa mission.

A la différence de Mungo Park qui décrivit davantage la géographie et les coutumes, Ibn Batouta nous relata en quelque phrase les liens de l’Afrique avec le Beurre de Karité.

Parmi les arbres de cette espèce, situés entre Ioulaten et le Mali, les fruits ressemblent à des mirabelles, pommes, pêches et abricots mais sont pourtant d’un tout autre type.

Il y a également des arbres qui donnent des fruits en forme de long concombre

TRADITION:

Alimentation :

Les Africains utilisent principalement le beurre de Karité pour la préparation de leurs aliments, sauces ou fritures, et toujours cuit.
Lorsqu’il est frais et convenablement préparé, son goût n’est pas désagréable. Cependant, celui qu’on trouve sur la plupart des marchés a généralement une mauvaise odeur très prononcée.

Cosmétologie :

Le beurre de Karité a longtemps été le seul cosmétique des femmes africaines. Du Sénégal au Nil, malgré l’odeur souvent repoussante de ce produit, d’innombrables ethnies le considèrent comme la plus précieuse des pommades.
Il est principalement utilisé pour lutter contre les problèmes de déshydratation et desquamation. En saison sèche, il évite les gerçures et les crevasses.
Généralement, après la toilette, enfants et adultes se frictionnent le corps avec une noix de Karité. Ce massage délasse et repose.
Le beurre de Karité est également utilisé pour les cheveux, essentiellement pour fixer les coiffures. Il empêche également la formation de pellicules et assouplit le cuir chevelu. Les femmes s’en font des masques capillaires.
L’ensemble de la population s’en sert comme protection solaire.
Souvent, pour faire disparaître ou atténuer l’odeur désagréable du beurre, les Africains le désodorisent en le faisant chauffer de longues heures tout en l’aspergeant de temps en temps d’eau. En s’évaporant, elle entraîne les substances odorantes volatiles.
Lors du refroidissement, les jeunes filles y ajoutent des zestes de citron ou même du parfum. Certaines y additionnent de l’huile de coco pour fluidifier le beurre de Karité un peu trop compact il s’agit de véritables recettes maison dont chaque famille a le secret.

Savonnerie :

Les Africains utilisent le beurre de Karité de mauvaise qualité pour préparer du savon. Ce sont des beurres de deuxième choix, soit provenant des résidus de la fabrication, soit fait à partir d’amandes indésirables ou d’amandes ayant germé.
La réaction de saponification se fait avec de la potasse extraite des cendres de certains végétaux.
Cependant, la présence de latex dans le beurre est gênante. Elle entraîne des risques de marbrure, de savons fragiles et peu solubles qui moussent difficilement. Si on incorpore ce savon au savon de coco dans une proportion de 15 à 20%, on obtient une pâte crémeuse et très onctueuse beaucoup plus satisfaisante.

Eclairage :

Le beurre de Karité est utilisé pour l’éclairage des cases, grâce aux lampes à huile. Ce sont les beurres les plus mal fabriqués ou mal conservés (beurres rances), qui sont employés à cet usage. Pour cela, on les prépare en petits pains de 150 à 200 grammes dans lesquels on introduit une mèche de coton.
La combustion de la matière grasse du Karité produit une flamme très éclairante, mais crée beaucoup de fumée. De plus, elle dégage une odeur désagréable.

Usages médicaux :

Du point de vue thérapeutique, le beurre de Karité est utilisé en massage à chaud, pour traiter les foulures, entorses, luxations, courbatures, pour traiter les rhumatismes bien qu’aucun composé anti-inflammatoire n’y ait été découvert il est utilisé également pour accélérer la cicatrisation du cordon ombilical.
Le beurre de Karité est également utilisé par les femmes enceintes qui s’en enduisent le corps et plus particulièrement le ventre, d’abord pour prévenir les vergetures et ensuite pour raffermir les muscles.
En y mélangeant de la poudre de tabac et de l’écorce de l’arbre Butyrospermum parkii, on prépare un remarquable désinfectant.

ETYMOLOGIE:

Butyrospermum signifiant « graines de beurre » l’épithète « parkii » honorant Mungo Park, qui découvrit l’arbre en explorant le Sénégal.

Le nom « karité » signifie « arbre à beurre » en Wolof. On l’appelle aussi si tulu (prononcer shi toulou ) en Bambara (d’ou son nom anglais, « shea tree »).

Dans le récit de son Voyage à Temboctou et à Jenné dans l’intérieur de l’Afrique, René Caillié utilise le terme « cé » (du Bambara si) pour nommer cet arbre.

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